In-cro-yable !!! Alberto « Festina » Contador se serait dopé ! Avouez-le, vous en tombez des nues… D’autant plus qu’il n’y avait que très peu d’éléments pour nous mettre la puce à l’oreille. Ses performances surhumaines dans les épreuves de montagne, son appartenance à une équipe déjà évincée du Tour quelques années plus tôt pour dopage généralisé (Astana), et sa facilité déconcertante à venir à bout d’un insupportable et déjà bien piqué Lance Armstrong ne pouvaient en rien nous mettre sur la voie d’une possible tricherie.
Alors quand Bebert se fait épingler par les instances anti-dopage du cyclisme on a du mal à croire que des traces de clenbutérol aient pu être décelées dans les urines jaunes du maillot jaune. Heureusement le principal intéressé est là pour nous éclairer et lever toute suspicion sur son cas au moyen de cette implacable excuse : j’ai mangé un mauvais steak.
Plutôt que d’opter pour une prescription maladroite d’un médecin, ou de quelque autre justification créditée du soupçon de sérieux qui s’impose, Toto de l’EPO a privilégié une parade pour le moins croquignolesque en nous agitant son steak devant les caméras, et ce au risque de nous prendre pour des jambons.
Le « Zé ne pouvais pas savoir qué lé steak il avait du clénbouterol dedans ! » risque bien de supplanter le pourtant merveilleux « Si je me suis dopé c’était à l’insu de mon plein gré, je pensais que c’était du Benco » de notre bienaimé Richard Seringue.
Là où l’histoire se complique pour l’espagnol, c’est que le très culturel magazine L’Equipe, appuyé mardi par le non moins culturel New York Times, révèle que des traces de plastiques semblables au plastique utilisé pour confectionner les poches de transfusion sanguine ont été retrouvé dans les analyses. A moins que Conti n’ait bouffé l’emballage avec son steak, sa version devient de plus en plus difficile à avaler….
Que le champion du Tour se soit dopé n’a en soit rien de surprenant, tout le ridicule de la situation réside plutôt dans les déclarations de l’intéressé et surtout dans le bal des hypocrites qui priveraient aisément la Sogé de l’Oscar de la Mauvaise Foi malgré son excellente prestation dans l’affaire Kerviel.
Organisateurs du Tour et anciens champions (« cleans » bien entendu) se relaient aux micros des journalistes pour exprimer leur « surprise et leur déception », martelant qu’ils souhaitent que l’affaire du steak soit réglée daredare (et non tartare ohoh). Il paraîtrait, selon les sources très renseignées du Connard, que Gérard Holtz, en état de choc, passerait quant à lui ses journées à pleurer dans sa chambre à visionner des VHS retraçant l’âge d’or d’Indurain, « pour oublier » dirait-il. De quoi rajouter une belle mèche de cheveux blanc sur la tête du plus viril des présentateurs sportifs.
Que le monde de la pédale (non on ne parle plus de Gérard Holtz) se rassure, l’affaire ne devrait pas faire trop de vagues puisque malgré les grandes menaces de destitution et de suspension, la petite gueguerre très mature qui règne entre les différentes instances anti-dopage devrait permettre au steak du cyclisme de sauver ses coucougnettes, à l’instar de Lance Armstrong il y a quelques années (même si ses coucougnettes ont de fait souffert un peu pendant sa carrière).
Effectivement, malgré ce qu’ont révélé les tests réalisés par l’organisation du Tour en Juillet 2010 le code mondial anti-dopage ne prévoit pas de condamnation ni même de suspension dans le cadre des transfusions sanguines, procédé jugé « trop jeune ». Par ce fantastique flou artistique, le Comité Mondial avoue à demi-mot avoir un temps de retard sur les « tricheurs ».
C’est là que la valse des hypocrites commence, une sorte de mélodrame pathétique sur fond de guerre médiatique : d’un coté les organisateurs du Tour, qui pleurent car ils ne sont pas soutenus par les instances mondiales dans leur ambition de créer un Tour « Clean » mais qui chaque année nous pondent des tracés inhumains, et de l’autre côté le Comité Mondial Antidopage, incapable de sanctionner les cas les plus flagrants alors qu’il s’agit là de sa fonction première. Serait-il partagé entre la lutte anti-dopage et un manque de volonté à vouloir créer des martyres dans un sport que tout le monde sait pourri jusqu’à l’os ?
Une chose demeure certaine, le Connard rejoint l’avis de Bernhard Kohl : « il est impossible de gagner le Tour sans être dopé ». Cette nouvelle histoire ne sera donc qu’une anecdote de plus dans la sombre histoire du cyclisme. Conti lui devrait être fixé dans 6-7 jours sur son sort, mais que ses fans se rassurent, nous reverrons très bientôt le steak à cheval sur un vélo.






C’est un contador mirdebout !!
Pendant ce temps là, Lucien Petit-Breton se retourne dans sa tombe …
la mort du connard?
Un assoupissement dira-t-on plutôt!