
Lucien, sans EPO
Qu’il est loin le temps où Lucien Petit-Breton gravissait les cols des Alpes dans sa petite tunique en laine, sa chambre à air en travers du torse, sur son vélo Peugeot… Aujourd’hui le lycra est venu remplacer la laine, des vélos de rechanges plus légers que le cerveau du Connard (faut le faire) attendent bien sagement sur les galeries des voitures relais, les oreillettes ont fait leur apparition et les cyclistes, véritables panneaux publicitaires sur roues, ingurgitent plus de produits pour le Tour que Kurt Cobain dans toute son existence…
C’est donc gonflé de nostalgie que son petit coeur guide le Connard vers son garage pour y dépoussiérer sa vieille bicyclette munie de roulettes (oui le Connard tombe s’il n’y a que deux roues) en cherchant dans ses souvenirs un quelconque refuge à cette overdose de scandales de dopage qui meurtrit le monde si doux de la rustine et de la pompe. Ah… Lucien…
Si le dopage s’est généralisé pendant les années 60 et les années 70 dans le cyclisme (mort de Tom Simpson en 1967) le tabou n’aura véritablement été brisé que dans la fin des années 90 avec le scandale de l’hilarant Richard « La piquouze » Virenque. S’en suivra un rayon (hihi) de scandales: Marco Pantani, Floyd Landis, Puerto, Riccó (en deux mots hein), Vinokourov, Klöden et bien d’autres qui auront fait passer Richard Gasquet pour un sniffeur de petits suisses. Seul le très sympathique Lance « Blanche Neige » Armstrong nous rappelle qu’à 37 ans on peut encore briller par son irréprochabilité et son éthique dans un milieu aussi pourri (quelqu’un en douterait-il?).
Mais finie la nostalgie, le Connard s’indigne, se révolte et dit stop! Marre de recevoir de la poudre aux yeux là où d’autres s’en injectent dans les veines! Marre de l’hypocrisie des institutions qui tracent chaque année des circuits surhumains et qui s’offensent des tentatives de dopages! Marre, marre ! Qui pour l’aider dans son désir insatiable de rétablir ce qui est juste et bon?
Qui? Mais c’est évident. Quand le Connard cale, il fait appel à un autre connard. Et qui de mieux que Rémi Gaillard pour l’aider à célébrer les authentiques cyclistes, ceux qui préfèrent l’effort à l’état brut plutôt que de s’offrir l’aide artificielle d’une science dégénérée qui phagocyte les vraies valeurs du cyclisme? L’ère de Lucien Petit-Breton n’est pas totalement révolue. Lucien, tu es au cyclisme ce que René Coty est à la présidence francaise, aujourd’hui tu revis, nous te réhabilitons pour que tu guides à nouveau nos pneus vers l’Amour de la Pédale et du Patin de frein.
Impregnons-nous de la belle leçon de cette vidéo: n’ »importe qui » peut révolutionner le sport.

NB: Lucien Petit-Breton, double vainqueur du tour de France est mort pour la France en 1917, à l’âge de 35 ans.



